La pétition qui embarrasse les socialistes

Publié le par L'UNION DES CITOYENS PATRIOTES

 

Martine Aubry et Laurent Fabius ont récolté les sifflets de la droite pour avoir signé une pétition exigeant l'annulation du débat sur la laïcité organisé par l'UMP. En effet, le texte a également été signé par Tariq Ramadan, intellectuel contesté pour ses liens avec l'organisation islamiste des Frères musulmans. Les deux leaders socialistes ont finalement demandé que leur signature soit retirée.

Martine Aubry Laurent Fabius

Martine Aubry et Laurent Fabius ont retiré leurs noms de la pétition. (Reuters)

Laurent Fabius et Martine Aubry ont-ils été piégés? En tout cas, ils jurent ne pas avoir su que Tariq Ramadan, islamologue et intellectuel contesté, était également signataire d'une pétition initiée par Respect Mag et relayée par le Nouvel Observateur demandant le retrait du débat sur la laïcité voulu par l'UMP. L'entourage de la première secrétaire du PS a ainsi affirmé qu'elle n'avait "jamais été informée que Tariq Ramadan ait été destinataire de cette même pétition et que si elle l'avait su, elle aurait évidemment refusé de la signer. C'est clair et net".

Si, dans un premier temps, Martine Aubry avait déclaré avoir signé "un bon texte" qui "remet la laïcité au coeur de la République", elle a finalement demandé que son nom soit retiré de la liste des signataires, tout comme Laurent Fabius. Le Nouvel Observateur a pour sa part confirmé que cette liste n'avait pas été dévoilée aux autres signataires. "Ils se sont prononcés sur le fond, c’est-à-dire sur le texte de l’appel, dans lequel on chercherait en vain la moindre entorse aux valeurs républicaines et à l’esprit de la laïcité", justifie l'hebdomadaire. La pétition, intitulée "Non au débat-procès de l'Islam", a également été signée par l'ancien résistant Raymond Aubrac, l'écrivain Tahar Ben Jelloun et les eurodéputés Daniel Cohn-Bendit et José Bové, ainsi que plusieurs chercheurs.

Déferlante de réactions indignées à l'UMP

La réaction des deux socialistes n'a pas empêché une déferlante de réactions indignées de l'UMP. Interrogé lors du Talk Orange-Le Figaro jeudi soir, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, n'a pas mâché ses mots. "Le Parti socialiste (...) montre la réalité de ce qu'il est: un parti irresponsable", a-t-il martelé. Le patron de la majorité y voit une justification à son refus d'un "front républicain" face au FN. Selon lui, c'est "la preuve absolue, s'il en était encore besoin, que le front républicain, l'idée que la droite doit appeler à voter pour la gauche, est simplement inacceptable".

Le service de presse du parti présidentiel a fait parvenir aux rédactions trois communiqués sur le sujet en moins de deux heures, jeudi après-midi. Nadine Morano, Valérie Rosso-Debord, Michèle Tabarot et Catherine Vautrin ont ouvert le bal, dénonçant "une faute extrêmement grave, une insulte à la dignité des femmes à travers le monde". Les quatre signataires du communiqué font référence au fait que Tariq Ramadan avait proposé un "moratoire" sur la lapidation des femmes dans certains pays musulmans. Le secrétaire national à l'emploi des forces de sécurité, Bruno Beschizza, s'est aussi fendu d'un communiqué, suivi de Frank Riester, en charge lui de la communication. Dans la soirée, Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, est venue appuyer Jean-François Copé: "En étant prêt à toutes les compromissions pour entretenir le flou sur ses positions sur la laïcité, le Parti socialiste fait le jeu de tous les extrémismes", écrit-elle. Mais la ministre, qui avait indiqué qu'elle opterait pour le candidat de gauche en cas de duel FN-PS, s'est bien gardée d'évoquer le "front républicain".

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