Baromètre politique: Sarkozy toujours plombé par la rigueur économique
Le baromètre politique de Metro réalisé par OpinionWay a parlé. Au programme : Sarkozy toujours à la peine, Aubry et Hollande au coude à coude et le retour en force de Marine Le Pen. Entre autres.
Gouvernement: Sarkozy plombé par la rigueur économique
La coupure estivale est la bienvenue pour Nicolas Sarkozy, qui aura décidément connu un début d'année difficile en termes de popularité. Après deux hausses consécutives en mai (+ 5) et juin (+ 2), sa cote de confiance repart à la baisse en juillet, selon le baromètre politique de Metro réalisé par OpinionWay. Elle perd deux points, à seulement 32% de satisfaits.
Malgré la posture plus en retrait adoptée par le chef de l'Etat, le remaniement, la libération des otages d'Afghanistan ou la nomination de Christine Lagarde à la tête du FMI, rien n'y fait : les inquiétudes des Français sur la situation économique continuent de plomber sa popularité.
« Il n'y a pas toutefois de quoi s'alarmer pour l'Elysée, note Bruno Jeanbart, d'OpinionWay, car n'y a pas de nouveau décrochage auprès des sympathisants de droite ». Nicolas Sarkozy remonte même de trois points dans cet électorat, où il reste relativement bas (70% de bonnes opinions). De son côté, François Fillon est stable, à 44% de jugements positifs.
Signe que l'angoisse des Français sur les questions économiques pèse sur la popularité de l'exécutif, le nouvel hôte de Bercy, François Baroin, recule lui aussi de deux longueurs, à 38% de satisfaits. Le cas de Valérie Pécresse est encore plus parlant. En troquant son portefeuille de l'Education contre celui du Budget, la ministre perd neuf points (33%). A noter, dans le reste du gouvernement, que Chantal Jouanno semble payer l'échec de la candidature d'Annecy-2018 : la ministre des Sports perd 5 points (49% d'opinions positives).
Opposition: Aubry et Hollande dans un mouchoir de poche
Alors que tous les candidats ont désormais officiellement déposé leur candidature, François Hollande semble tenir la corde dans la dernière ligne droite des primaires PS : il gagne un point, à 55% de satisfaits, quand Martine Aubry, dont la popularité avait fait un bond le mois dernier (+ 7), en perd trois, à 50% de satisfaits, toujours selon le baromètre politique de Metro réalisé par OpinionWay.
Mais auprès des sympathisants de gauche, c'est l'inverse. La maire de Lille creuse l'écart en progressant d'un point, à 74% de satisfaits, tandis que François Hollande recule de deux pour pointer à sept longueurs de sa rivale. Le match entre le président du conseil général de Corrèze, plus consensuel, et la première secrétaire du PS en congé de ses fonctions, qui a renforcé les clivages partisans en officialisant sa candidature, s'annonce donc très serré.
« Tous les deux ont vraiment leurs atouts, juge Bruno Jeanbart, d'OpinionWay : Aubry a l'avantage sur le cœur de cible que sont les sympathisants de gauche, mais le caractère plus consensuel de François Hollande peut séduire les électeurs de gauche car il est porteur d'une promesse d'élargissement ». Loin derrière, Ségolène Royal, malgré une séquence médiatique intense pour tenter de se relancer, n'arrive pas à reconquérir du terrain en termes de popularité. Stable (33% de bonnes opinions), elle reste devancée par Manuel Valls (36%, -5) et est à égalité avec Arnaud Montebourg (33%, -1).
Les autres: Marine Le Pen revient
Parmi les autres candidats à l'Elysée, Eva Joly, auréolée de son succès dans les primaires écologistes, gagne deux points, à 45% de satisfaits. Au centre, les prétendants connaissent un coup de mou, en attendant que les ambitions des uns et des autres se dévoilent à l'automne : Jean-Louis Borloo (46%, -1), François Bayrou (38%, -1) et Hervé Morin (28%, -5) sont en baisse.
Marine Le Pen, invitée d'une émission en prime time sur France 2 à la fin du mois, profite de cette exposition médiatique en regagnant 3 points, retrouvant ainsi son plus haut avec 33% de bonnes opinions. Pour Nicolas Dupont-Aignan, la route vers l'Elysée s'annonce particulièrement longue. Le président de Debout la République recueille le taux de satisfaction le plus bas, 17% d'opinions positives, mais il pâtit surtout d'une très faible notoriété : un Français sur deux (49%) dit ne pas le connaître assez pour se prononcer. Difficile, dans ces conditions, d'espérer le moindre frémissement des intentions de vote.
Quatre Français sur dix tiendront compte de la vie privée des candidats en 2012
C'est le revers de la « peopolisation » de la vie politique qui s'est opérée ces dernières années, en particulier sous la présidence de Nicolas Sarkozy, futur papa. C'est aussi sans doute l'une des répercussions de l'affaire DSK (lire ci-dessous). Une part importante des Français (41%) assure que la vie privée des candidats comptera dans leur choix lors de l'élection présidentielle de 2012 – pour 15% elle comptera beaucoup, pour 26% assez -, contre 35% affirmant qu’elle comptera peu et 24% pas du tout, toujours selon l'enquête d'OpinionWay pour Metro.
Pour 73% des Français, les médias parlent trop de l'affaire DSK
L'affaire Dominique Strauss-Kahn a déchaîné une frénésie médiatique sans précédent. Elle devrait encore largement occupé les unes des journaux cet été. Une couverture excessive pour une très large majorité de Français : ils sont 73% à juger que les médias parlent trop des ennuis judiciaires de DSK. Seules 22% des personnes interrogées jugent que les médias en parlent juste comme il faut, et 5% pas assez