Edito de la Lettre du SIEL

Publié le par LE BLOG DES CITOYENS PATRIOTES

 

12 SEPTEMBRE 2012

 SAISONS

Chaque saison prépare la suivante : de même que, cette année, les longues pluies du Printemps ont assuré un été finalement verdoyant, le SIEL voit fructifier les graines que nous avons ensemble semées au cours des derniers mois et, pour commencer, ce Rassemblement Bleu Marine qui correspond à nos vœux -il est d'ailleurs notable que son nom même fut trouvé lors d'une rencontre de cinq d'entre nous avec Marine le Pen le 24 février dernier et que, un mois plus tard, ce soit devant notre Congrès fondateur qu'elle ait tenu à rendre ce nom public. Le SIEL est ainsi, avec le FN, l'autre parti de ce Rassemblement qui s'est présenté aux suffrages des électeurs aux législatives de juin et qui sera pérennisé : il n'était pas réservé à la seule saison électorale et nous devons à présent, le SIEL au premier chef, le faire vivre. L'existence du Rassemblement bleu marine justifie pleinement notre stratégie d'ensemble.

Mais, pour faire vivre le Rassemblement Bleu marine, il faut encore que le SIEL s'affirme et s'élargisse, ou bien le FN se retrouverait cantonné dans la solitude qui fut trop longtemps son lot, entretenant pendant des décennies sa stigmatisation comme son repli sur la forteresse partisane -une solitude qui a coûté cher au mouvement national, interdisant aux patriotes de faire bloc et d'accéder aux responsabilités pendant que la France partait à vau-l'eau. Le piège consistant à diviser irrémédiablement les nationaux, piège que nous fûmes les premiers à oser braver, il faut impérativement le déjouer : cela suppose que le SIEL, seul partenaire du FN, s'élargisse et se renforce, ou bien le Rassemblement ne serait qu'une "entreprise de ralliements individuels", comme le dit notre ami Nicolas Dupont-Aignan, lequel ne voit cependant pas que les "Etats-Généraux de la Droite" qu'il appelle de ses vœux (in Valeurs Actuelles du 31 mai 2012), et dont il a lucidement indiqué le périmètre ("l'opposition délétère entre l'UMP et le FN est l'assurance-vie de la gauche") suppose un effort de chacun, à commencer par le sien propre, qu'il semble avoir engagé ces derniers jours. Avec ou sans lui, nous intensifierons nos liens avec les partis souverainistes encore trop dispersés, seule perspective politique offerte aux Français qui entendent contrebattre l'hégémonie culturelle, médiatique et politique de la gauche pour réaliser l'Union des droites qu'attendent tant de Français : c'est toute l'importance de notre rôle.

De ce point de vue, notre premier Printemps fut très satisfaisant. Certes, il fut agité, car il nous fallut, à peine nés, mettre en ligne lors des Législatives un nombre suffisant de bons candidats pour marquer les esprits, y compris les sceptiques et les goguenards qui nous entouraient de tout côtés. Malgré des délais fort courts, nos 35 candidats se sont montrés à ce point vaillants que 10 d'entre eux dépassèrent la barre des 15%, 13 autres celle des 10%, 10 autres celle des 5%, deux seuls échouant juste en dessous des 5%. Ainsi notre place se trouve-t-elle reconnue, d'abord par nos partenaires du FN, dont le soutien et la bienveillance furent le plus souvent remarquables, mais aussi par la presse, au point que tout Français qui s'intéresse à la vie publique connaît désormais le SIEL et commence à apercevoir le rôle qu'il pourrait jouer. Il n'est que de voir avec quelle rapidité sont désormais repris nos communiqués pour juger des progrès accomplis -voir par exemple notre réaction, le 23 juillet, aux propos tenus par le Président de la République au Vel d'Hiv, largement diffusée et commentée. Oui, avec nous et autour de nous, le paysage politique a commencé à se recomposer.

Après la pause de l'Eté qui s'achève, il nous faut relancer la mobilisation du Printemps: elle est d'autant nécessaire que notre bureau a décidé d'organiser notre "université de rentrée" sur un grand pied en lui donnant la forme d'un "Forum national des Droites" qui sera bien plus qu'une "Université d'été". Il aura lieu à Dourdan, en Essonne, les 5, 6 et 7 octobre (soit trois jours!), et devrait être dans notre esprit un évènement majeur de la recomposition du paysage politique. Nous entendons réunir à cette occasion des personnalités venues de tous les horizons de la droite nationale -les invitations que nous lançons incluent celles des personnalités de l'UMP qui ont montré des signes de sympathie (il y en a, notamment parmi les élus locaux ou régionaux) ou simplement des signes de résistance à la pensée dominante, au mondialisme et au mépris des nations.

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"Forum National des Droites", telle est son appellation. Tout bien considéré, nous prônons en effet, désormais, l'Union des droites, seul moyen de créer ce pôle majoritaire qui, tôt ou tard, rétablira la politique de la France. Sans doute faut-il s'arrêter un moment sur cette formule, nouvelle dans notre langage et qui étonnera nombre de nos lecteurs, pour deux raisons au moins : d'abord, elle n'est guère utilisée par Marine le Pen, qui a répété à plusieurs reprises qu'elle ne se situait "ni à droite ni à gauche", s'engageant dans une stratégie tribunitienne qui pérennise certes le Front national mais ne suffira pas nécessairement à constituer une force de gouvernement. En second lieu, la formule de l"union des droites" n'est pas davantage utilisée par notre tradition, qu'elle soit dite "gaulliste", "monarchiste", ou "souverainiste", tradition toute capétienne tenant que l'essentiel de la France, soit la souveraineté de la nation, celle de l'Etat et celle de sa civilisation ne saurait appartenir en propre à aucun parti ni coalition de partis, en sorte qu'il ne saurait être dit de droite ni de gauche. Tout cela est vrai; du moins le fut jusqu'à ces dernières années; mais ne l'est plus tout à fait aujourd'hui, du moins pas dans les mêmes termes.

Réfléchissons. Le SIEL n'a pas été créé pour se perdre dans les spéculations idéologiques, ou les redites, mais pour mener une action politique et créer une force de gouvernement capable d'accéder aux responsabilités, locales et nationales. Or, dans l'ordre de l'action, le premier principe consiste à prendre en compte la réalité ; quelle que soit la nostalgie que nous gardons d'une politique qui surplombe les appartenances partisanes et les réconcilie dans une même œuvre française, le réalisme nous oblige à constater que, aujourd'hui, ni le centre, tel que l'est objectivement l'appareil de l'actuel l'UMP (parti qui, ayant absorbé le RPR et l'UDF au bénéfice de cette dernière est devenu un simple "marais" sans substance disposant, comme tous les marais d'une aile centre-droite et d'une aile centre-gauche), pas davantage que les diverses gauches, (radicaux-socialistes, socialistes et Front de gauche qui ont contribué à la victoire de M. Hollande) n'ont quelque conscience de ce qui peut s'entendre par l'essentiel de la France, en sorte qu'aucun des ces partis du centre et de la gauche ne saurait prétendre en représenter une part : et dès lors qu'ils ne considèrent plus que les défis comme les solutions résident dans le cadre national, communiant dans la sinistre formule de François Mitterrand, "la France est notre pays, l'Europe est notre avenir", il n'y a pas à composer avec eux. Ce serait en effet composer avec l'européisme, l'atlantisme et finalement le mondialisme, que précisément nous combattons. Le refus de ces trois pièges où sont tombés tous les grands partis politiques français, à l'exception du FN, est précisément le ciment d'une droite nouvelle et patriotique que nous entreprenons de construire avec les différents mouvements souverainistes trop dispersés, auxquels viendront se joindre naturellement les électeurs, militants et cadres locaux d'une UMP sans repères et sans doctrine, et les reliquats de la vieille gauche patriote et populaire dont les électeurs finiront bien par ouvrir les yeux.

La gauche, en effet, que nous sommes trop accoutumés à prendre pour le creuset des oppositions au système dominant, est aujourd'hui complètement intégrée à sa logique. On pourrait même dire que cette gauche très moderne est devenue le cœur du système. Si elle a gagné les esprits, et si ses thèmes, ses réflexes et ses mots mêmes sont à ce point dominants qu'ils ont conquis la plupart des partis, y compris ceux que l'on appelle faussement de droite, en particulier les têtes mondaines de l'UMP-UDF, (et d'un Modem-UDF dont le ralliement à François Hollande fut emblématique de l'alignement général sur la vulgate de gauche), c'est qu'elle épouse parfaitement les impératifs du mondialisme marchand. Ainsi, la gauche française d'aujourd'hui est-elle par bien des aspects le contraire de ce que fut ou plutôt voulut être la gauche des origines, à laquelle se réfèrent encore les partisans du ni-droite ni gauche sans voir que les paradigmes ont changé du tout au tout. Je développerai cette analyse dans une note séparée qui sera prochainement mise en ligne sur notre site.

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Trois points pour finir : d'abord, on comprendra aisément que la formation de cette droite nationale et populaire dont nous endossons la mission a d'abord une dimension intellectuelle, en sorte que nous devons impérieusement reprendre à bon rythme la parution, interrompue depuis un an et demi de nos Cahiers de l'Indépendance, dont une nouvelle formule sera lancée cette automne, avec une équipe renouvelée.

Ensuite, il me paraît que le SIEL ne doit pas pour autant se constituer en parti jacobin, comme le sont tous les vieux partis qui dominent la scène (tous, à bien y regarder, le PS, le FN, le RPR et l'UDF fondus en UMP, sont nés dans les années 70 : ils appartiennent à l'ancienne génération) mais au contraire se constituer sous une forme délibérément décentralisée, reposant sur des cellules régionales et départementales qui seront le gage de sa réussite et de sa pérennité : la vie du SIEL ne saurait se résumer en une chapelet de rendez-vous parisiens, comité directeur, colloques ou congrès, mais en initiatives que prendront ses responsables locaux et tous ses membres pour former, avec les débris des vieux partis, des équipes nouvelles -et, pour commencer, former des listes plurielles lors des très prochaines municipales de mars 2014.

Enfin, je souhaiterais que nos membres n'attendent pas tout d'un sommet qui se révélera vite impuissant, que les responsabilités soient partagées et même diffuses ; pour commencer, je confirme mon intention de ne pas être autre chose que le président-fondateur de notre mouvement, Karim Ouchikh exerçant la présidence effective avec les la disponibilité et talents intellectuels et moraux que j'ai appris à découvrir et à admirer au fil de ces dernières années.

Les orientations générales étant ainsi fixées, chacun comprendra qu'il appartient à lui, à lui plus qu'il ne le croit, de les transcrire dans la réalité par ses initiatives. La première étape est de réussir le Forum national des Droites de Dourdan, première étape d'une longue route au cours de laquelle les familles de la droite, pour peu qu'elles sachent reprendre l'essentiel de la politique traditionnelle de la France ne peuvent pas ne pas se rencontrer, formuler leurs valeurs et leurs priorités, dont chacun découvrira qu'elles sont assez proches pour constituer un programme commun de gouvernement de salut public et préparer d'ores et déjà les prochaines élections, notamment locales. Les bases de cette alliance nouvelle seront jetées au cours de ces trois journées : avec plusieurs personnalités venues des familles les plus diverses, répondez à l'initiative du SIEL, qui se veut l'épure de l'indispensable rassemblement des Français sur la France. Tache difficile ! Mais le comportement et la vaillance de nos premiers membres, notamment de nos candidats en juin dernier, me remplissent d'optimisme et de confiance.

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