Grégory Gennaro « Je suis lepéniste de gauche »

Publié le par L'UNION DES CITOYENS PATRIOTES ET SA JEUNESSE

A l’approche des élections présidentielles de 2012, nous nous sommes intéressés aux responsables des mouvements jeunes dans la région P.A.C.A. Chaque mois, nous rencontrerons un responsable jeune. Nous commençons par le Front national de la Jeunesse, avec Grégory Gennaro.


A première vue, Grégory Gennaro n’a pas le « look » traditionnel du militant frontiste. Si au FN la mode n’est plus aux crânes rasés, il ne fait pas non plus partie des « costumes-cravates » qui se sont imposés dans le sillage de Marine Le Pen. Ce « lepéniste de gauche », comme il aime à se définir, chemise ouverte et cigare à la main, a choisi la posture du révolutionnaire, et il l’assume.


Si nous nous sommes intéressés à lui, c’est d’abord parce qu’il est le secrétaire régional du Front national de la Jeunesse en PACA, et qu’il a réalisé l’un des meilleurs scores de son parti dans cette région aux élections cantonales du mois de mars, où il était candidat dans le canton d’Ollioules. Mais même sans cela, à vrai dire, il aurait été difficile de ne pas le remarquer. Hyper-présent sur Internet, promoteur d’une ligne atypique et aujourd’hui patron d’Offensive citoyenne, le journal qu’il a créé et qui connaît un franc succès auprès des militants, son parcours est intéressant à plus d’un titre.

 

« Pour moi, le FN représente la défense des gens du peuple face aux bourgeois qui ont confisqué le pouvoir et qui ont livré le pays aux mains des multinationales »

 

C’est en 2002 que Grégory Gennaro a rejoint le Front national, lors de la campagne qui a vu Jean-Marie Le Pen accéder au second tour de l’élection présidentielle. Un choix quelque peu étrange pour quelqu’un qui dit avoir une sensibilité de gauche. « J’aimais les grandes gueules : pour moi, Marchais, Le Pen, Chavez, c’est la même chose, c’est des orateurs qui se battent pour leur peuple, peu importe qu’ils soient de droite ou de gauche ». D’ailleurs lorsqu’on lui demande sa citation préférée, il se paie même le luxe de réciter Che Guevara dans le texte : « Si tu tremble d’indignation à chaque injustice, alors tu es un de mes camarades ». Une référence qui doit hérisser les poils d’un certain nombre de frontistes…

 

Toujours est-il qu’à partir de 2002, Gennaro va tracer sa route dans le milieu : adhérent en 2003 de Générations Le Pen, l’association présidée à l’époque par Marine Le Pen, il devient collaborateur du groupe FN à la région Rhône-Alpes, poste qu’il occupera jusqu’en 2006, et sera candidat aux élections cantonales à Givors en 2004. En 2006, il prend ses distances avec le Front, décide de travailler pour la SNCF, et fonde sa propre structure, le « Mouvement social et patriotique ». « Je voulais défendre une ligne originale, car je trouvais que le FN ne se positionnait pas assez sur les questions sociales », dit-il. Rapidement le MSP renoue avec ses origines, en rejoignant « l’Union patriotique » lancée par Jean-Marie Le Pen dans le cadre des élections présidentielles de 2007, et dont la principale cible était Philippe de Villiers.

 

Grégory Gennaro va alors connaître une rapide ascension au sein du Front national de la Jeunesse, puisqu’il est chargé de la communication des « Jeunes avec Le Pen » lors des présidentielles, auprès de son camarade David Rachline (dont il fut le directeur de campagne aux cantonales de 2008), et intègre en 2009 la coordination nationale du FNJ. A cette époque, il est aussi co-fondateur du forum « Paroles de France » avec Jacques Vassieux, élu frontiste décédé depuis. En 2010, il quitte la SNCF et devient collaborateur du groupe FN en région PACA, ce qui lui permet d’être désormais en contact régulier avec Jean-Marie Le Pen, tête de liste dans la région. Nommé secrétaire régional du FNJ PACA dans la foulée, il est un soutien actif de Marine Le Pen au Congrès de Janvier 2011, tout en entretenant des relations très cordiales avec Bruno Gollnisch qu’il a côtoyé de près en Rhônes-Alpes.

Aujourd’hui, son grand projet est de développer son journal. Alors que son entourage n’y croyait pas et voyait déjà Offensive citoyenne rejoindre le flot des feuilles de choux qui pullulent dans la mouvance du FN, il a fait le pari d’en faire un grand organe de promotion de ses idées, et il a semble-t-il réussi : diffusé à 10 000 exemplaires toutes les deux semaines dans une dizaine de régions, on peut dire que c’est un succès, dont il n’est pas peu fier. Un succès qui n’est pas seulement personnel mais aussi stratégique, puisque son journal a un objectif avoué : ratisser à gauche pour la candidature de Marine Le Pen aux présidentielles de 2012.

« Offensive citoyenne n’est pas seulement un journal : c’est une ligne politique »

Nous y voilà : ce que Grégory Gennaro défend par-dessus tout, c’est le « national-républicanisme », un mélange de gaullisme, de bonapartisme et de socialisme qui étonne quelque peu. A première vue, c’est un peu flou. Mais quand on lui demande de définir concrètement ses idées, il est intarissable. Le nationalisme ? Il adore en parler : « mon nationalisme n’est pas un mouvement de repli, c’est une affirmation de l’unité nationale contre les communautarismes, de l’unité du peuple contre l’hyperclasse dominante, et de l’unité des pays francophones contre l’hégémonie de la culture anglo-saxonne ». Le rôle de l’Etat ? « Je défends à 100% la conception de l’Etat stratège de Marine Le Pen ». Puis, en levant la voix et posant le poing sur la table : « Il faut en finir avec la diabolisation de l’Etat par les ultra-libéraux. L’Etat, c’est la protection du peuple, c’est les services publics, c’est l’aménagement du territoire. Chaque fois que l’Etat recule, ce sont les grands patrons et les intérêts particuliers qui avancent ! ». L’écologie ? « Il faut se réenraciner, c’est la seule solution. Produire local, consommer local, recycler local. Là aussi, c’est la mondialisation qui menace l’équilibre de la planète ».

Et l’immigration dans tout ça, l’éternel fond de commerce du FN ? « Je crois que les immigrés sont eux aussi des victimes. On les a utilisés pour faire pression à la baisse sur le salaire des français. Pour moi, la lutte de l’immigration fait partie de la lutte globale contre la mondialisation libérale qui veut la libre-circulation des hommes, des capitaux, des marchandises, pour créer un grand marché uniformisé ».

 

On l’aura compris, Grégory Gennaro n’a qu’un seul ennemi : la mondialisation. Ce patriote voit rouge lorsqu’on lui parle de l’Union européenne : « l’Europe oui, mais pas celle de Bruxelles qui n’est là que pour nous obliger à suivre la logique ultra-libérale. Il faut construire une Europe anti-atlantiste dans laquelle on doit inclure la Russie de Poutine ». Ce qu’il réclame, nous dit-il, c’est un « altermondialisme national ». Là, on se frotte les yeux : le FN aux côtés des altermondialistes ? « Oui, ils ont les bonnes idées, mais ils n’ont pas compris que c’est le cadre national qui est le plus performant pour les appliquer ».

 

Qu’on y croit ou non, il faut bien reconnaître que Gennaro déploie une énergie décapante pour défendre ses idées. Il a fédéré autour de lui un groupe de jeunes qui sont sur la même ligne. « Avec Frédéric Boccaletti (le secrétaire régional du FN en PACA, NDLR), nous avons fait le choix de promouvoir les jeunes. C’est eux qu’il faut former, car c’est eux qui sont appelés à prendre des responsabilités dans le mouvement ». Désormais, il a un nouveau cheval de bataille : doter le FN d’un véritable mouvement jeune. « Comme dans tous les grands partis politiques, les jeunes du FN devraient élire eux-mêmes leurs représentants et leur président. Un jeune militant, ce n’est pas seulement un colleur d’affiche. Ceux qui sont avec moi ont un réservoir d’idées inépuisable, mais encore faut-il les utiliser ». Gageons qu’au sein du FN, on n’a pas fini d’entendre parler de ce militant qui bouscule sans ménagement les lignes traditionnelles de son parti.


Entretien réalisé par Maxime Balair et Marion Charvet
Etudiants animant "Jeunes politique en PACA"

 

Source: http://www.lepost.fr/article/2011/08/26/2576363_gregory-gennaro-un-jeune-qui-veut-lutter-contre-la-mondialisation-n-a-pas-d-autre-choix-que-d-aller-au-fn.html

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Publié dans "Infos" Actualités...

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B
<br /> A 100% OK Mais il ne dit rien de la francophonie Dommage<br /> <br /> <br />
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