Le député UMP de Gironde a brisé ce matin le tabou imposé par les dirigeants de l’UMP ainsi que par les « bonnes consciences » de gauche. Alors qu’une majorité d’électeurs de l’UMP et du Front national souhaitent désormais une alliance en vue des futures échéances électorales, l’élu de la circonscription de Libourne souhaite poser les termes du débat.
Pour ce membre fondateur de la droite populaire, soit « l’on devient pragmatique », soit l’on « reste dans les blocages idéologiques ». « Aujourd’hui, à tort ou à raison, il nous est reproché de ne pas avoir fait tout ce que nous avions annoncé sur l’immigration, l’islamisation de la société, la sécurité, mais aussi le travail par rapport à l’assistance. De plus en plus nombreux sont ceux qui n’ont aucun complexe à voter FN, même si on doit faire perdre la France et donner tous les pouvoirs à la gauche…. Tendance extrémiste fort inquiétante. Certains sont mêmes prêts à aller jusqu’à l’explosion sociale. Il faut tout faire pour l’éviter. L’autre risque politique, c’est que l’on se dirige vers une politique du centre qui a montré pourtant son échec retentissant avec F. Bayrou. Il faut donc parler aux électeurs du FN qui ne sont pas tous des extrémistes. Et la Gauche n’a aucune leçon de morale à nous donner, elle qui, sans état d’âme, s’allie avec des extrémistes révolutionnaires patentés. De nombreuses questions se posent qu’il va falloir trancher rapidement et qui tournent autour de la recomposition de la droite. Une majorité des électeurs de l’UMP et des électeurs du FN veulent un rapprochement ».
Après avoir perdu les élections municipales, régionales, cantonales, sénatoriales et présidentielles, de nombreux élus de l’UMP savent pertinemment que sans alliance avec le Front national, ceux-ci risquent fort de devoir chercher un nouvel emploi dès le mois de juin. Pour ces élus de terrain, la confirmation de certains ténors de la majorité de leur vote en faveur du Parti socialiste en cas de duel avec le Front national, a produit un effet désastreux dans l’électorat du Front national, avec lesquels ils partagent nombre de valeurs. Le « cordon sanitaire » est toujours d’actualité, pour combien de temps ?