L'HISTOIRE DE FRANCE EN 6 ETAPES. N°5
Par le jeu des alliances, la France entre en guerre au début du mois d’août 1914 contre l’Allemagne, aux côtés du Royaume-Uni et de la Russie[e 78]. La Première Guerre mondiale, qui fait 1 400 000 victimes françaises et entraîne de nombreuses destructions dans le nord-est du pays, se conclut le 11 novembre 1918 en faveur de la Triple-Entente[e 79]. Outre le retour de l’Alsace-Lorraine à la France, les conditions de la paix que Paris souhaite imposer à Berlin lors du traité de Versailles sont particulièrement dures : la France compte en effet faire payer les dommages de la guerre à celle qu’elle accuse d’en être la seule responsable[e 79].
Après quelques années de reconstruction, la France peine à retrouver sa vigueur économique d’avant-guerre[e 80]. Elle sera néanmoins touchée bien après la plupart des autres puissances par la crise des années 1930[36]. Mais si cette crise est tardive, elle est durable et profonde. Aux difficultés économiques s’ajoute une crise de régime, malgré l’espoir suscité par l’arrivée au pouvoir en 1936 du Front populaire[37]. Au final, lorsque la France déclare le 3 septembre 1939 la guerre à l’Allemagne nazie, elle sort tout juste de la plus grave crise qu’ait connue la Troisième République[e 81].
Après huit mois sans combats (la « Drôle de guerre »), la Wehrmacht envahit le 10 mai 1940 le nord-est de la France, et le Maréchal Philippe Pétain demande l’armistice le 22 juin[e 82]. Ce dernier obtient les pleins pouvoirs le 10 juillet, signant ainsi la fin de la Troisième République et la naissance du Régime de Vichy, qui mène une politique conservatrice, traditionaliste et antisémite et collabore avec le Troisième Reich, malgré l’action de la Résistance à l’intérieur et à l’extérieur du pays[e 83]. Le débarquement allié du 6 juin 1944 en Normandie sonne le glas du Régime de Vichy, et le début de la Libération de l’Europe[e 84]. Au total, ce conflit aura tué moins de militaires que le précédent[note 16], mais les victimes civiles sont nombreuses – au moins 75 000 Juifs installés sur le territoire français ont été tués lors de la Shoah[38],[note 17] – et les blessures psychologiques et politiques longues à cicatriser[e 84].