Législatives : Marine Le Pen investit un élu UMP dans l'Ain
Olivier Eyraud, conseiller général dans le canton de Reyrieux, avait accordé son parrainage à la présidentielle à la candidate FN.
Marine Le Pen a ainsi annoncé qu'aux législatives son Rassemblement bleu marine investirait dans l'Ain un conseiller général UMP qui lui avait accordé son parrainage à la présidentielle. Il s'agit d'Olivier Eyraud, élu du canton de Reyrieux, investi dans la 2e circonscription de l'Ain. Dans un communiqué publié dans la soirée, David-Xavier Weiss, secrétaire national de l'UMP, a "demandé que soit étudiée l'exclusion de l'UMP d'Olivier Eyraud". David-Xavier Weiss, qui avait dénoncé dès le 6 mai au soir la "stratégie plus que droitière" inspirée par Patrick Buisson pour la campagne de Nicolas Sarkozy, "souhaite que le cordon sanitaire entre la droite républicaine et l'extrême droite, qui existait sous Jacques Chirac et qui était l'ADN de l'UMP, soit au plus vite rétabli".
"Ni alliance, ni discussion, ni reprise du vocable du Front national ne peuvent être admises par des élus qui se réclament de l'UMP. Il y va de l'honneur de notre mouvement", souligne-t-il. Lundi soir, la présidente du FN a affirmé qu'"il y a des gens bien à l'UMP", en visant les "élus de terrain" et les électeurs, mais tout en soulignant que, "quand on est sincère, on quitte" ce parti. "Il y a énormément d'électeurs qui ne comprennent pas ce cordon sanitaire (entre l'UMP et le FN), dont ils ne voient pas quels sont les tenants et les aboutissants", a déclaré Marine Le Pen dans l'émission C'est à voussur France 5. Mais "je crois que, quand on est sincère, on quitte l'UMP, en fait", a-t-elle ajouté, renouvelant en quelque sorte son offre à des élus de la rejoindre.
Sur France 5, Marine Le Pen a ajouté qu'elle pensait que Maryse Joissains-Masini, la maire UMP d'Aix-en-Provence, "est sincère". Cette dernière a souligné ce week-end dans les colonnes de La Provence "avoir toujours défendu" les valeurs de Marine Le Pen. Aux législatives, a poursuivi Marine Le Pen, "nous verrons s'ils nous demandent de discuter avec nous" du côté de l'UMP. "Moi, je suis ouverte pour une discussion", mais "j'écarterai ceux qui m'apparaissent comme ayant les dents qui rayent le parquet et qui ne sont là que pour garder leur siège" et "je regarderai aussi ce qu'ils ont voté par le passé", a-t-elle ajouté. Marine Le Pen réfute toute idée d'accord au niveau national avec l'UMP, mais a ouvert la porte à des "discussions" au "cas par cas" lors des législatives, en précisant qu'elle s'adressait à des élus qui quitteraient l'UMP.