Les trois mis en cause ont été écroués hier
Les trois hommes, impliqués dans la mort du quadragénaire Thierry Simon, mercredi soir à Bollène, ont été placés en détention provisoire, hier par le juge des libertés et de la détention. La juge d’instruction, Céline Claverie venait de procéder à plusieurs heures d’interrogatoire de première comparution et de mettre en examen les trois mis en cause.
Une nouvelle phase d’enquête a donc débuté avec l’ouverture d’une information judiciaire par le parquet d’Avignon. Ce sont des faits particulièrement graves qu’a visés le substitut du procureur, Julien Ecuer. Kader Chadli, 24 ans, Selim Benkhedidja, 23 ans, et Mohamed Amallou, 19 ans sont, en effet, tous poursuivis pour “violences volontaires commises en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner”, mais aussi pour “non asistance à personne en danger”.
Depuis le début de cette sombre affaire, pourtant, un seul d’entre eux assume l’entière responsabilité des violences physiques. Kader reconnaît, en effet, avoir porté seul deux coups de poing au visage de Thierry Simon. Un geste de défense, affirme-t-il, en réponse au coup de bâton qu’il prétend avoir reçu de la victime.
Des déclarations qu’appuient ses deux comparses. Si Sélim admet s’être quelque peu approché de la scène, Mohamed déclare, en revanche, être resté en retrait. Tous affirment avoir quitté les lieux en pensant que Thierry Simon était simplement KO.
La juge d’instruction a ordonné hier une nouvelle autopsie
Des déclarations, qui laissent circonspects les enquêteurs de la brigade de recherches d’Orange. Les gendarmes se demandent, en effet, comment deux coups, seulement, pourraient avoir causé ce qu’a révélé l’autopsie : « Hématome temporal droit avec fracture sous-jacente et hémorragie sous-arachnoïde diffuse ayant participé au décès », précise le communiqué du substitut.
Du côté de la gendarmerie, on notait, d’ailleurs, que si l’examen du corps « n’a pas mis en évidence de plaie suffisamment caractérisée pour dire si un objet contondant a été utilisé, il ne l’exclut pas non plus ».
Ce n’est certainement pas un hasard si la juge Claverie a ordonné, hier, une contre-expertise médico-légale. Une nouvelle autopsie sera pratiquée, lundi, à Montpellier. De son côté, M eMarc Geiger, avocat de Mohamed Amallou estime qu’il reste, en effet, «un gros point d’interrogation sur les causes de la mort : est-ce le coup porté ou le résultat du choc au sol ?»
La version des trois mis en cause, elle, n’a pas varié d’un iota. Ils affirment avoir sifflé une personne aux cheveux longs, qu’ils pensaient être une femme. Puis se rendant compte de la méprise, ils lui auraient demandé une cigarette, que la victime aurait, selon leurs dires, refusé de donner… Quant à l’histoire du bâton, dont se serait saisi la victime, les gendarmes se montrent prudents. L’arme n’a en tout cas pas été retrouvée et en l’absence de témoins extérieurs ou de preuve, les enquêteurs ne peuvent se fier, pour l’heure, à cette seule version.
Marie-Claude Bompard, maire de Bollène, présente au nom de la commune à la famille de Thierry Simon, assassiné ce mercredi 4 mai, ses très sincères et très émues condoléances.
Le drame affreux qui les affecte est d’autant plus insupportable qu’il doit tout au hasard. Le hasard qui a fait croiser la route de la victime avec celle de trois voyous. Mais un hasard qui n’est malheureusement pas isolé, un hasard qui frappe chaque jour en France, un Français, une Française, une famille, dont le seul tort est d’être au mauvais endroit au mauvais moment, face à des bandes de cités qui ne respectent rien ni personne, sans doute faute d’avoir peur ni de la police, ni de la justice.
Un hasard qui, à force de répétition, depuis trop d’années maintenant, est quand même une conséquence. Celle du laxisme, de la compréhension pour les voyous, de l’indifférence pour les victimes. Celle de gouvernements successifs qui, malgré leurs promesses, ne protègent pas les Français et ne réforment pas la justice. Si la peine de mort est supprimée en France pour les meurtriers, elle demeure pour d’autres, victimes d’assassins, comme Thierry Simon…
Thierry Simon était un homme sans histoire. Il n’était pas venu dans notre ville pour vivre des aides sociales. Il était un enfant de Bollène. C’était un travailleur comme il y en a tant d’autres. Sa vie aura été fauchée par la bêtise, la violence et la haine de trois crapules. Quelle que soit la peine qui leur sera éventuellement infligée, il n’en est aucune qui sera à la hauteur de leur crime…