A quoi joue Nicolas Dupont-Aignan ?
Alors que le RIF de Paul-Marie Couteaux propose un rassemblement des patriotes (FN, RIF, MPF, ex-RPR, DLR…) en vue des législatives de 2012, et que Marine Le Pen semble également œuvrer à cette tâche, Nicolas Dupont-Aignan semble préfèrer jouer les cavaliers seuls. Mais pour combien de temps encore ?
Dans un entretien accordé à Nouvelles de France, le leader de Debout la République tergiverse : « L’élection présidentielle a lieu avant les élections législatives. (…) Elle doit être le choix d’un projet et d’une personne et après, en fonction du projet et de la personne, en toute transparence, la question de « l’union » peut être posée. (…) Dans tous les cas, je serai candidat en 2012 ! »
« Pas pour l’instant » donc. Des déclarations qui rejettent toute alliance ou association patriotique axée autour du Front National, pour le premier tour de l’élection présidentielle du moins. « Des millions d’abstentionnistes n’en peuvent plus du système UMPS et ne veulent pas pour autant voter Marine Le Pen à cause de ses ambiguïtés et de ses contradictions » poursuit-il avant de préciser qu’ « elle n’est pas [son] adversaire. »
Pour lui, Marine Le Pen « est une bonne candidate de premier tour et une très mauvaise candidate de second tour. (…) Je pense que ma capacité de rassemblement est plus importante que celle de Marine Le Pen. Face à DSK, Marine Le Pen perdra. Mais Nicolas Dupont-Aignan face à DSK ? »
De quoi tomber de sa chaise ! Nicolas plus rassembleur que Marine ? Si la présidente frontiste est une « très mauvaise » candidate de second tour, lui n’en reste pas moins médiocre pour les deux. Il faut savoir être réaliste et pragmatique. Ce que le député non-inscrit n’a pas compris, c’est que s’il se présente seul, il fera 2% tout au mieux ! Alors bien-sûr, il n’est pas autant médiatisé. « C’est normal, je ne suis pas l’instrument d’un système. Marine Le Pen est utilisée » se défend-il. Certes, mais telle est néanmoins la réalité des choses.
Ainsi, la solution la plus sage ne serait-elle autre qu’un ralliement à ce camp national, et ce pour deux raison :
- NDA est un brillant homme politique, réaliste et pertinent sur l’euro, et il apporterait ainsi un sérieux crédit de plus à Marine Le Pen, ainsi qu’une bonne contribution au mouvement patriotique
- Avec cette alliance, les 1 ou 2% d’intention de vote pour NDA seul se transformeraient aussitôt en 3 ou 4% de plus pour le camp national
Demeure une question : Nicolas Dupont-Aignan est-il conscient de tout cela ? Dans l’entretien en question, il semble hésitant, prudent. Envisage-t-il discrètement un ralliement pour le second tour des présidentielles ? Et pour les législatives ? Une chose est sûr, il n’en sera pas pour le premier tour, question de principe, de fidélité à lui-même aussi. Mais après ?
S’il ne veut pas se résoudre trop vite à ce qui semble évident pour tout bon patriote souverainiste, l’avenir devrait vraisemblablement le faire opter pour le choix de la raison. Un choix pragmatique et logique, qui ferait beaucoup de bien au camp national.
Chris Lefebvre (blog)