L'UMP tourne dejà la page du débat sur la laïcité ?
Le patron de l'UMP a mis un point d'honneur à animer mardi la convention de l'UMP, qui a réuni treize ministres malgré l'absence de François Fillon et, fait le plein de... journalistes.
Jean-François Copé a trouvé au moins un motif de satisfaction au moment de conclure sa convention si controversée sur la laïcité: "Pour un débat qui était censé intéresser personne, on a quand même attiré 200 journalistes du monde entier." Le patron de l'UMP se console comme il peut. Ses collaborateurs versent dans l'euphorie: "On a piqué tous les journalistes à Martine Aubry!"
Venus de Russie, de Chine, de Corée et même des Etats-Unis, les journalistes étaient effectivement presque aussi nombreux que les militants UMP. Forte présence médiatique et... policière. Il fallait montrer patte blanche pour rejoindre le grand hôtel du quartier Montparnasse où quatre cents personnes ont suivi pendant trois heures les débats de l'UMP.
C'est Jean-François Copé qui a ouvert la convention. Sans surprise, il a concentré sa première intervention par débattre sur le... débat! Plus déterminé que jamais, selon sa formule, "à ne pas se laisser impressionner par ce qu'on dit ici et là à Paris". Au passage, il a remercié le "président de la République" qui "n'a pas ménagé son soutien". Curieusement l'évocation du chef de l'Etat n'a déclenché... aucun applaudissement. Plus tard, c'est Luc Chatel qui invoquera à son tour le nom de Nicolas Sarkozy sans plus de succès auprès du public!
Guéant négocie la fin des prières de rue
A la suite de Jean-François Copé, plusieurs intervenants se succéderont à la tribune pour justifier, de manière souvent répétitive, l'organisation de ce débat. Un débat plutôt convenu, sans le moindre dérapage et, finalement sans réelle nouveauté. François Baroin, qui a pris ses distances avec l'objectif de cette convention, a d'ailleurs d'emblée mis les choses au point en défendant bec et ongles la loi de 1905 qualifiée de "texte remarquable". "Cette loi est une forme d'éternité", a insisté le ministre du Budget. Sous-entendu: pas la peine d'y toucher. Ce que tous les intervenants ou presque ont répété.
Finalement treize ministres ont passé une tête à la convention de Copé. Les plus assidues auront été Marie-Anne Montchamp et Nadine Morano mais aussi Nathalie Kosciusko-Morizet. Gérard Longuet est passé dix minutes. François Baroin est resté une heure laissant sa place à la tribune à Luc Chatel et Bruno Le Maire. Valérie Pécresse a également pris la parole. Tout comme Laurent Wauquiez. Quant à Claude Guéant, il est venu assister à la conclusion... sans prendre la parole.
Beaucoup des ministres n'ont pas caché, hors micro, qu'ils avaient hâte de tourner cette page douloureuse pour la majorité. La séquence a en effet suscité la division jusqu'au sein du gouvernement et surtout entraîné une violente passe-d'armes entre Copé et Fillon. Le Premier ministre ayant refusé de participer à cette convention.
Les nombreux parlementaires présents avaient envie, eux aussi, d'en finir avec une controverse qui aura occupé l'UMP pendant presque deux mois. "Parlons pouvoir d'achat, prix de l'énergie, des vrais sujets des Français", a averti Bernard Debré, député de Paris.
Reste un catalogue de vingt-six propositions préparées par le patron de l'UMP. Qu'en fera le gouvernement? Le ministre de l'Intérieur, qui n'a pas la parole, a prévu de communiquer rapidement. Il a d'ores-et-déjà engagé des "conversations" avec les responsables du culte musulman pour en finir avec les prières de rues notamment rue Myrha à Paris. "J'ai bon espoir d'obtenir un accord d'ici à la fin de l'été", a-t-il confié au JDD.