Pour l'union des patriotes. Lettre d'Avril, par Anthony Michel
Chers compagnons, chers camarades !
Je profite de cette lettre afin de parler des résultats des dernières élections cantonales. Il est juste d’évoquer tout d’abord l’abstention massive. Avec celle-ci et puis aussi parce que ces cantonales ne concernaient que la moitié de la France, difficile de voir un parti sortir vainqueur de celle-ci.
Des résultats, le PS arrive en tête toutefois. Sans aucun mérite car sans programme réellement alternatif à la droite libérale et atlantiste qui gouverne notre pays.
Quant à l’UMP, il est talonné par un Front national qui obtient, pour la première fois de son histoire, des élus au terme de ce type d’élection.
Cette montée du FN – présidé nouvellement par Marine Le Pen – reflète selon moi la tromperie qu’ont connu des électeurs qui ont cru voir en Nicolas Sarkozy, chef de file de l’UMP et actuel dirigeant de notre pays, un patriote ou du moins un sécuritaire. En réalité, il n’est l’un ni l’autre. Et je crois que les électeurs ne s’y tromperont plus. Bien que trop peu d’entre eux votent. Car ils ne croient plus au pouvoir du politique de changer les choses. Et ils ont bien raison ! Puisque les deux partis politiques français principaux – UMP et PS – ne sont plus vraiment politiques. Dans le sens où ils ne défendent pas la souveraineté nationale, bafouent la souveraineté populaire (on l’a vu avec le traité européen voté par le Parlement alors que la constitution européenne, copie de ce traité, a été rejetée en 2005 par une majorité de votants français lors d’un referendum). Et sans souveraineté, la politique est dépossédée de son rôle premier.
Ha si, il existe des souverainetés ! Celles supranationales se sont multipliées à la vue notamment d’une organisation politique européenne antidémocratique ! Et pour en revenir aux cantonales, le FN, qu’on le veuille ou non, se constitue comme premier parti français qui soit véritablement d’opposition, vu son résultat et sa défense de la souveraineté nationale et, plus largement, de l’indépendance française.
Je rebondis alors sur l’appel de Paul-Marie Coûteaux à un rassemblement de tous les patriotes au-dessus du clivage droite-gauche en ne considérant plus le FN comme infréquentable depuis l’arrivée de la fille Le Pen à sa gestion.
Comme moi, Coûteaux a toujours défendu cette idée de rassemblement, d’union, puisqu’ayant compris que le clivage droite-gauche traditionnel était dépassé depuis longtemps ; il a su notamment hier être auprès de Jean-Pierre Chevènement au sein du Pôle républicain. Et pour rétablir cette souveraineté, inviter nos partenaires européens à refonder l’Europe autour d’une idée confédérale, il faut naturellement qu’un vrai patriote – c’est-à-dire quelqu’un qui a le souci de la France et de la condition des Français – parvienne au pouvoir !
Nicolas Dupont-Aignan, chef de file des gaullistes de droite, semble rechigner cette idée d’union. Il a affirmé dans la presse il y a deux jours que cette union n’a pas de sens… Je crois qu’au contraire elle a tout son sens dès que l’on pense à la France d’abord plutôt qu’à sa carrière politique ! D’autant que, pour certaines raisons, ni lui ni Marine Le Pen n’ont de chances réelles aujourd’hui de devenir chef de l’Etat français. L’Union fait la force, ne l’oublions pas !
Et je lance un appel particulier aux Camarades, autrement dit aux patriotes, gaullistes, républicains de gauche (MRC, Comité Valmy, certains membres du Front de gauche ou du Parti ouvrier indépendant) qui doivent montrer l’exemple en accordant de l’importance à cette idée d’union, en s’interrogeant de manière honnête, en sachant relever la situation d’urgence que connaît notre pays. Le FN a des défauts, que vous pouvez relever et je peux partager votre avis là-dessus. Mais c’est justement pour assurer dans cette union un certain équilibre – un équilibre républicain, chassant toute posture ethniciste qui peut caractériser certains membres du FN – qu’il faut savoir penser une bonne fois pour toute au-dessus des clivages.
Certes, la France n’est pas en guerre dans le sens physique. Mais elle est gérée par une oligarchie qui détricote tous ses acquis sociaux et moraux. En 1940, des membres de l’Action française et des Français de confession juive surent se rassembler pour résister, retrouver le Général De Gaulle à Londres afin de se battre pour la reconquête de la liberté de leur pays, de notre pays ! Et pourtant, vous imaginez bien ce qu’il pouvait les diviser… De même entre un communiste et un homme de droite de l’époque. Or ils ont su le faire, eux ! Et justement avant qu’il ne soit trop tard – c’est-à-dire avant que les secousses imposées par cette oligarchie soit si grandes que notre peuple connaisse une violence farouche (voyez-vous le printemps des révolutions arabes) –, sachons nous rassembler ! Nous aurons tout à loisir, au lendemain de cette reconquête de la souveraineté française – et donc à travers elle, de la liberté de la France – de nous diviser sur l’économie, des mesures sociales etc. Bien que – et Marine Le Pen le fait – la défense de la Nation, de sa souveraineté, va de pair avec une nette dénonciation du système économique actuel, celui d’un capitalisme sauvage !
Montrons par conséquent l’exemple, sachons prendre de la hauteur dans notre vision politique, en adéquation avec la haute idée de la France que nous avons, celle d’une France libre et indépendante !