Se balader à Besançon en burqa : un jeu d’enfant
(…)Alors que les premières condamnations en justice pour port du voile intégral tombaient le 22 septembre dernier, nous avons voulu observer la réalité du terrain à Besançon. Notre journaliste s’est glissée le temps d’un après-midi sous le long voile noir opaque. (…)
Place de la Révolution, Pont Battant, Grande Rue, rue des Granges… les remarques s’enchaînent :
« Mais elle est cinglée celle-là », ou encore « On ne lui voit même pas les yeux », ponctuées de quelques « elle va se prendre une amende ». Certains me toisent avec dédain, d’autres me fixent avec insistance, comme si mon voile m’empêchait de les voir. J’essuie quelques sarcasmes de la part des plus jeunes qui rigolent à mon passage.
Enfin un visage amical, celui d’une jeune femme voilée qui me sourit et me fait un signe de la tête. Je hoche également la tête en guise de réponse. Les deux photographes qui m’accompagnent se font également interpeller à plusieurs reprises par quelques courageux passants, indignés de leurs clichés provocateurs.
Grande Rue, j’aperçois enfin un véhicule de la police nationale, stationné avec deux fonctionnaires à bord. Vont-ils me verbaliser ? Je passe devant eux en ralentissant le pas, mais rien… Pas d’amende, ni d’interpellation. Les forces de police semblent être davantage attentives aux vols à l’étalage en ce samedi noir de monde. Le grand drap en coton noir flottant au vent, je continue mon parcours. À deux reprises je croise à nouveau les forces de l’ordre : un motard de la police municipale stationné devant l’Hôtel de ville, puis à nouveau la police nationale rue des Granges. Un des deux agents me montre du doigt, mais ils continuent finalement leur chemin. Étaient-ils débordés par le travail en ce week-end estival où l’affluence battait tous les records ? Mon sort aurait-il été différent un jour de semaine ?
Y a-t-il un fossé entre la conduite à tenir sur le papier et la réalité de l’espace public ? En guise de réponse, la police nationale de Besançon nous a indiqué qu’il « n’y avait pas une loi nationale et une loi départementale, et que s’il y a constatation d’une infraction, la loi et l’amende sont appliquées immédiatement ». Depuis l’application de la loi, aucune contravention n’a été infligée dans le Doubs pour la zone Police.
Source : Gazette de Besançon,